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    Renault Group transforme la durabilité en performance
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    Business3 juillet 20269 min de lecture

    Renault Group transforme la durabilité en performance

    Renault Group a lancé récemment son «Sustainability Tour», une opération destinée à la presse et à ses partenaires pour donner corps à sa stratégie de développement durable. L’objectif est simple : démontrer que la durabilité, désormais intégrée à son plan stratégique «futuREady» (2026 2030), constitue un pilier central du constructeur automobile français. À travers ce dispositif, Renault illustre en fait comment innovation industrielle, électrification et responsabilité sociale convergent pour façonner son avenir.

    RT

    Rédaction Tomobile360

    Publié Il y a 10 heures

    Il y a quelques jours, nous avons participé à ce parcours, du Technocentre de Guyancourt, cœur de l’innovation du groupe, à la Manufacture de Douai, berceau de l’écosystème Electricity cher à la marque au losange. Conférences, ateliers et démonstrations ont révélé un constructeur automobile qui place la durabilité au centre de sa stratégie. Une démarche qui ne se limite pas visiblement à un engagement, mais qui traverse toute l’entreprise, de la conception à la production des véhicules, et qui devient un véritable moteur de performance, d’innovation et de résilience.

    Une durabilité intégrée

    Le premier enseignement de cette journée tient à la manière dont Renault Group a présenté sa démarche environnementale et sociale. Loin d’être cantonnée à un service dédié, la durabilité alimente aujourd’hui toutes les fonctions de l’entreprise. Mieux, elle s’inscrit dans chacun des quatre axes du plan stratégique de la firme au losange «futuREady», comprenant le développement produit, la maîtrise des technologies, l’excellence opérationnelle et la confiance partagée avec l’écosystème. Et cette même durabilité occupe une place centrale au sein du pilier «ExcellenceREady», qui vise à rendre l’industrie plus rapide, compétitive et durable grâce à l’intelligence artificielle, la robotique et l’industrie 4.0. Justement, la durabilité y est présentée comme un véritable moteur de performance, d’innovation et de résilience, et non plus comme une simple ligne de conduite.

    Une philosophie qui a été résumée par Cléa Martinet, VP Group Sustainability. Selon elle, «la durabilité façonne désormais chacune des décisions du groupe, mobilisant tous les niveaux de l’entreprise, de la conception à la production, de la technologie aux équipes humaines». C’est, dit-elle en substance, cet engagement collectif qui permet de transformer des contraintes en avantage concurrentiel durable. Au-delà du discours, Renault s’est d’ores et déjà fixe des objectifs précis : neutralité carbone en 2040 en Europe (2050 dans le monde), 30 % de matériaux recyclés dans ses véhicules d’ici 2030, une gamme entièrement électrifiée en Europe dont la moitié 100 % électrique, et des technologies de sécurité couvrant 70 % des causes d’accidents à la même échéance. Pris ensemble, ces engagements dessinent une trajectoire cohérente : climat, ressources, électrification et sécurité sont les quatre facettes d’une même approche systémique de la durabilité.

    Du labo à la route

    La deuxième partie de la visite au Technocentre nous a plongés dans la manière dont cette ambition se traduit concrètement, depuis les premières étapes de la recherche jusqu’aux modèles que l’on croise aujourd’hui sur les routes. Tout commence, nous a‑t‑on expliqué, dans des espaces comme «Futurama», un laboratoire d’innovation installé au Technocentre de Guyancourt. C’est là que Renault Group s’attaque aux grands défis de la mobilité durable, en intégrant dès l’origine les enjeux liés au climat, à la raréfaction des ressources, à la sécurité et aux attentes sociétales dans une logique de cycle de vie complet. Autrement dit, avant même qu’un véhicule ne prenne forme, ses impacts environnementaux et sociaux sont déjà pris en compte dans les choix d’architecture, de technologies et de matériaux.

    Cette phase d’exploration prend corps à travers des démonstrateurs et des concept-cars, véritables laboratoires d’innovation où il est possible de tester des idées radicales. Le concept-car Renault Emblème en est l’exemple type : conçu dès le départ dans une logique de cycle de vie complet, il vise une réduction de 90 % des émissions par rapport à une voiture familiale thermique, en agissant simultanément sur les matériaux, l’énergie et la fin de vie du véhicule. De son côté, le concept-car Scenic Vision explore une autre voie, celle du design avec des choix esthétiques originaux qui ne relèvent pas seulement du style, mais qui rendent la durabilité visible et compréhensible pour le grand public.

    Toujours est-il qu’entre ses deux extrêmes (le concept-car et le véhicule de série), se situe tout un travail d’ingénierie, d’industrialisation et de collaboration avec des partenaires extérieurs. Justement, c’est ce qu’illustre la coopération entre Renault et le pneumaticien Continental, qui a permis, par exemple, d’améliorer la résistance au roulement des pneus. «Ce type de partenariat montre bien que l’innovation durable ne se limite pas aux murs du Technocentre, elle se construit aussi à travers un écosystème de fournisseurs et de partenaires technologiques», précise Nicolas Champetier, VP Innovation chez Renault Group. Pour lui, la durabilité n’est pas une contrainte, mais un puissant moteur d’innovation, qui façonne la vision du groupe dès les premières phases d’exploration et pousse les équipes à repenser les fondamentaux. Cette idée a été complétée par Laurent Mouchet, VP Upstream Engineering, qui a souligné que cette dynamique ne s’arrête pas aux concepts : «elle se poursuit, projet après projet, jusqu’aux véhicules qui circulent réellement sur nos routes», souligne-t-il.

    Il faut dire que certains résultats sont déjà visibles aujourd’hui. Selon le staff sur site, l’efficacité batterie‑roue sur les véhicules électriques actuels de la firme au losange atteint désormais 93 %, grâce à l’amélioration continue de la chaîne de traction. Côté pneumatique, les progrès s’inscrivent dans le temps : la résistance au roulement a été réduite de 50 % en vingt‑cinq ans, au fil des générations de certains modèles, dont la Renault Clio. Et cela va plus loin ; en effet, en matière de sécurité routière, 52 % des causes premières d’accidents sont déjà couvertes par les technologies du programme «Human First», avec un objectif de 70 % d’ici 2030. Une trajectoire qui trouve son incarnation la plus aboutie dans le Scenic E‑Tech : un modèle de série qui combine réduction des émissions sur l’ensemble du cycle de vie, intégration de matériaux recyclés et circulaires, et technologies de sécurité centrées sur l’humain. De quoi démontrer, selon le staff de Renault, que l’innovation durable ne reste pas un concept, mais se traduit en bénéfices concrets pour les clients comme pour la société.

    Human First : la sécurité routière à l’ère du numérique

    Si la sécurité routière demeure une priorité pour Renault, la firme au losange l’aborde désormais à travers le «Human First», une approche globale qui agit avant l’accident, pendant et après. Elle s’articule autour de trois axes, à savoir l’analyse des données pour comprendre les causes, l’amélioration continue des systèmes de sécurité, et la coopération avec des partenaires pour accélérer l’innovation. Comme l’a rappelé Stéphane Buffat, Directeur du LAB et expert leader Sécurité Routière chez Renault Group, 90 % des accidents sont liés à des facteurs humains. C’est pourquoi Renault place le conducteur au centre de sa stratégie, en déployant massivement une pléthore de systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) sur toute sa gamme de véhicules.

    Sans compter que la technologie proposée par la firme au losange accompagne le conducteur au quotidien. En effet, on dénombre le «Safety Coach», qui analyse en temps réel la manière de conduire et délivre des conseils personnalisés, afin d’améliorer progressivement les habitudes de conduite. En complément, le «Safety Score» attribue une note de 0 à 100, encourageant une conduite plus prudente et responsabilisante. Enfin, le «My Safety Switch» simplifie l’activation des réglages ADAS préférés en une seule action, tout en respectant la réglementation européenne GSR2 qui impose l’activation automatique de certains systèmes de sécurité.

    Enfin, le «Human First» intègre la gestion de l’urgence. En effet, le «Fireman Access» permet aux pompiers d’éteindre un incendie de batterie six fois plus vite, avec dix fois moins d’eau, tandis que le Rescue Seat facilite l’extraction des victimes en rabattant rapidement les sièges avant. Une façon pour Renault de confirmer que la sécurité n’est pas un slogan, mais une réalité opérationnelle, où l’innovation se traduit en gestes concrets capables de sauver des vies.

    Calvin, l’humanoïde qui veut changer la donne

    La seconde étape de cette fin de journée nous a conduits à la l’usine de Douai dans le nord de la France, plus exactement à la Manufacture de Douai, distant d’un peu plus de 200 km du Technocentre, un site ou Renault développe son écosystème Electricity qui accueille notamment la gamme 100% électrique des dernières productions du Groupe Renault. Depuis février 2026, le site accueille un certain Calvin, conçu par la start up française Wandercraft. D’abord dédié à la manutention de pneus, ce un robot humanoïde doit être pleinement opérationnel à l’été 2026, avant un déploiement de 350 exemplaires dans les usines du groupe d’ici 2027. Selon Jean‑Louis Constanza, co‑fondateur de Wandercraft, cette collaboration avec n’avait rien d’évident. Si la start‑up s’est d’abord illustrée avec ses exosquelettes médicaux, conçus pour redonner mobilité à des personnes handicapées, le partenariat avec Renault Group en 2025 a ouvert la voie à une nouvelle génération de robots, capables de répondre aux besoins d’un constructeur automobile qui exploite déjà plus de 11 000 machines sur ses sites.

    Que fait Calvin ? Concrètement, il prend en charge des tâches répétitives et exigeantes, comme le transport de pneus ou de pièces. Il peut soulever jusqu’à 40 kg et, surtout, il se distingue par son autonomie. Contrairement aux robots fixes, il évolue dans l’espace, apprend une mission et s’adapte aux imprévus. Les équipes de développement testent même l’intégration de modèles de langage et de systèmes «Vision Langage Action», ouvrant la voie à une véritable intelligence artificielle physique. En tout cas pour Renault, l’enjeu dépasse la réduction de la pénibilité : il s’agit aussi de compétitivité. Selon le staff, les pays les plus automatisés sont ceux où l’industrie reste la plus forte, et des robots flexibles comme Calvin pourraient accélérer l’adaptation des lignes de production aux évolutions de la demande. Si ce robot n’en est qu’à ses débuts, les ambitions sont claires pour la firme au losange qui a prévu une dizaine de cas d’usage identifiés dans ses usines et 350 robots attendus d’ici 2027. À Douai, il incarne déjà une transformation profonde : celle d’une industrie où la technologie devient un véritable partenaire de production.

    Au terme de cette journée, une évidence s’impose : chez Renault Group, la durabilité n’est plus un simple discours. Elle s’incarne dans la conception des véhicules, avec des modèles comme le Scénic E‑Tech ou des concept‑cars visionnaires ; dans la sécurité routière, portée par le programme «Human First» et ses technologies embarquées ; et jusque dans l’organisation des usines, avec l’arrivée de robots de nouvelle génération comme Calvin à Douai. Quoi qu’il en soit, le Sustainability Tour a mis en lumière une stratégie globale de Renault où compétitivité, innovation et responsabilité convergent. Reste à voir comment ces ambitions, inscrites dans les horizons 2030, 2040 et 2050, évolueront au fil du temps.

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    RT

    Écrit par

    Rédaction Tomobile360

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