Tomobile360
Publié Il y a 1 mois
Le marché des voitures neuves au Maroc poursuit sa trajectoire ascendante. C’est ce que révèlent les derniers chiffres de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). En avril 2026, les immatriculations ont atteint 22 617 unités, soit une progression de +24,6 % par rapport à avril 2025 (18 149 unités). Et sur les quatre premiers mois de l’année, le cumul s’élève à 81 518 unités, en hausse de +22,9 % par rapport à la même période en 2025. Ces résultats confirment la solidité d’une tendance haussière amorcée en 2025, année historique avec 235 372 immatriculations.
Malgré un environnement international marqué par des tensions géopolitiques (conflit russo-ukrainien, instabilité au Moyen-Orient et politique tarifaire américaine), le marché marocain résiste grâce à la diversification des origines d’importation et à la constitution de stocks, précise le communiqué de l’AIVAM. Et selon l’Association, plusieurs éléments expliquent cette dynamique : d’abord, le renouvellement du parc, lié au vieillissement des véhicules en circulation, qui génère une demande structurelle constante, alimentant ainsi les ventes de voitures neuves. Parallèlement, la percée des marques chinoises s’impose comme un phénomène majeur : avec 18 marques présentes, elles totalisent déjà 11,2 % de part de marché VP sur le cumul, contre seulement 4,8 % un an plus tôt, ce qui traduit une montée en puissance rapide et une diversification de l’offre.
À cela s’ajoute le rôle du financement automobile, puisque les sociétés de crédit multiplient les formules adaptées (LOA, crédits classiques ou relais reprise) facilitant l’accès à la propriété automobile pour les particuliers comme pour les professionnels. Le secteur bénéficie aussi du dynamisme du tourisme, en hausse de 7 % à fin mars 2026, stimulant la demande de véhicules destinés à la location et au transport touristique, ce qui contribue à élargir le marché. Enfin, les investissements professionnels, qui se traduisent par une progression notable des VUL (+15,8 %), signe de la confiance des entreprises et de leur volonté de renforcer leurs flottes, consolidant ainsi la dynamique globale du secteur.
Les résultats par segment confirment la vigueur du marché, avec une nette domination des voitures particulières. En avril 2026, les VP ont atteint 19 868 unités, soit une progression de +26,2 % par rapport à l’année précédente, tandis que le cumul sur les quatre premiers mois s’élève à 71 883 unités, en hausse de +23,9 %. Les VUL, de leur côté, enregistrent 2 749 immatriculations en avril (+14,1 %) et 9 635 sur le cumul (+15,8 %). La croissance est donc portée principalement par les VP, mais les VUL confirment leur rôle essentiel dans l’investissement des professionnels, traduisant la confiance des entreprises dans leurs activités.
Dans ce contexte, la transition énergétique s’accélère de manière marquée. La part des véhicules électrifiés atteint désormais 17 % des immatriculations VP cumulées, contre 10,8 % un an plus tôt, soit une progression spectaculaire de +95,4 % en volume, avec 12 209 unités. Les hybrides rechargeables (PHEV) affichent la croissance la plus impressionnante, +170,3 %, passant de 2,3 % à 4,9 % du marché. Les mild-hybrides (MHEV) suivent avec +162,6 %, franchissant la barre des 2 000 unités, tandis que les électriques purs (BEV) progressent de +130,4 %, atteignant 751 immatriculations. Enfin, une nouvelle catégorie fait son apparition, les REEV, déjà 652 unités, portée principalement par les marques chinoises. L’ensemble BEV + REEV représente désormais 1,9 % du marché VP, signe tangible d’une transition énergétique qui s’installe progressivement, et qui, bien qu’encore minoritaire, gagne du terrain mois après mois, dessinant les contours d’un marché automobile marocain en pleine mutation.
Faut-il préciser que la montée en puissance des marques chinoises est l’un des faits marquants de 2026. Avec 8 023 immatriculations VP sur les quatre premiers mois, elles captent 11,2 % de part de marché, contre seulement 1,1 % en 2024. En avril, elles représentent 12,3 % des ventes VP du mois. Cette progression illustre leur rôle clé dans la démocratisation des motorisations électrifiées et l’élargissement de l’offre.
Voitures neuves au Maroc : une dynamique confirmée en avril 2026
Domination des leaders, percée des asiatiques
A y regarder d’un peu plus près et à vouloir dresser un top 10 des ventes, Dacia conserve une avance confortable avec plus de 16 000 unités vendues, représentant 22,3 % du marché, suivie de près par Renault qui capte 17,6 % des immatriculations, confirmant ainsi la suprématie du duo franco-roumain. Derrière ce binôme, la compétition est plus serrée. Hyundai et Peugeot se disputent la troisième et la quatrième place, avec respectivement 6,9 % et 6,6 % de parts de marché, traduisant la solidité de leur implantation. Volkswagen suit avec 5,7 %, confirmant son statut de marque incontournable dans le paysage automobile marocain. Plus bas dans le classement, Citroën et Opel affichent des performances notables, respectivement 4,1 % et 3,2 %, renforçant leur attractivité auprès des consommateurs. Kia, avec 3 %, confirme sa montée en puissance, tandis que Skoda et Toyota complètent le top 10, chacun dépassant les 2,6 % de parts de marché.
S’agissant du segment des véhicules utilitaires, qui a écoulé 9 635 unités vendues à fin avril 2026, le marché est dominé par Fiat avec près de 18 % de parts de marché. Derrière, la compétition est plus équilibrée : Hyundai, Ford et Renault se tiennent dans un mouchoir de poche, chacun autour de 9 à 10 %, Les marques asiatiques, notamment Dongfeng, Toyota et DFSK, affichent des performances solides, dépassant chacune les 7 % de parts de marché, Enfin, Peugeot, Kia et Tata complètent le top 10, avec des parts qui oscillent entre 4,5 % et 5 %.
Que faut-il retenir de ces chiffres à fin avril 2026 ? D’un côté, la domination des marques historiques qui continuent de capter la majorité des ventes, et de l’autre, la progression régulière de challengers capables de séduire une clientèle en quête de diversité et de nouvelles motorisations. Les transitions énergétiques, la percée des marques asiatiques et l’évolution des financements automobiles pourraient, dans les prochains mois, encore redistribuer certaines cartes, mais pour l’heure, le marché reste largement structuré autour des leaders traditionnels.

